LES AUTRES BONUS
POUR LE CARRE D'AS
Il y avait eu juin 2013 avec la finale du championnat de France Honneur (perdue 15-10 face à Tournon d'Agenais) lors d'un parcours mémorable menant à la Fédérale 3. Treize années plus tard nous revoilà embarqués avec grand plaisir sur une autre route nationale, traget qui nous a conduit à la Fédérale 1. Et au delà de ce palier, que du bonheur ! Mais que les choses soient bien claires une fois pour toutes: présidents et dirigeants, supporters, et bien sur au premier rang joueurs et entraineurs, il est des phrases dont ils se demandent pour quoi elles existent. Du style " c'est que du bonus" ou "c'est la cerise sur le gâteau". Clairement, l'A S Pont Long veut plus, beaucoup plus: elle prétend, à juste raison, gagner les deux prochaines étapes et brandir le bouclier de champion. Déguisé en petite souris discrète, on sait quel est le discours de Julien et Sylvain: calmes et sans grandes envolées, ils persuadent leurs protégés que le plus excitant est à venir. Comme ils l'ont fait aux deux étapes précédentes pour les matches retour alors que la manche aller laissait perplexe, après Nay puis surtout en rentrant de Mérignac. Reparlons du match chez les Nayais, en évitant de prendre un essai supplémentaire dans les cinq dernières minutes, défendant avec une incroyable obstination, l'ASPL a su garder ouvertes les portes vers le futur. Puis il y a eu Mérignac au dénouement à couper le souffle.
"Et maintenant que vais-je faire" disait une chanson. Bonus défensif ou offensif, c'est fini maintenant. Au passage, cela nous a été rappelé, s'il était obligé d'accrocher ce fameux bonus face à Mérignac, il devait s'accompagner d'un écart de points au moins égal donc d'un sans faute dans les transformations. Ce qui a été le cas. Alors maintenant que veut notre équipe ? Jouer, jouer et jouer donc pousser, sauter, plaquer et courir. En s'appuyant sur quelques réflexions: "les champions ne naissent pas dans un vestiaire. Ils naissent de l'intérieur. D'un désir, d'un rêve, d'une vision. Avoir le supplément de force qu'il faut pour gagner". Comme si une nouvelle compétition démarrait, Pont Long a montré à Mallemort ses plus jolies résolutions, propre en conquêtes, adepte du mouvement quasi permanent d'où une partition très complète. Inscrire sept essais et n'en concéder que trois ne laisse aucune part au hasard. D'Auxerre on ne savait rien, où alors des "on dit". L'ensemble icaunois est solide, généreux, mais le gabarit ne fait pas tout. Dommage que cette équipe ait en son sein un élément capable de mordre un adversaire, notre seconde ligne Aurélien parti à l'hôpital d'Auxerre la main en triste état. Pas impossible, souhaitable même, que cet acte de cannibalisme ait des suites judiciaires. Ce joueur fautif jette du discrédit à son club, mettant dans la gêne des équipiers pas ravis de cet épisode et ne se cachant pas pour montrer leur réprobation le match terminé.
Revenons au jeu, celui que l'on aime. Denis Lalanne, palois de naissance, sacrée plume du journal L'Equipe et mémorialiste de l'ovalie a, comme d'habitude, les mots justes emplis de poésie: "Le rugby n'est pas la guerre, ce jeu tout de même fait sonner le clairon, tonner le canon, charger les bataillons". Le terme bonus, pris dans son ensemble, signifie aussi toute une addition de choses positives où chaque dimanche a sa vérité, aucun ne ressemblant au précédent eu égard à l'adversaire. Un pouvoir d'adaptation illustré par la manière dont les coaches font face aux indisponibilités pour garder un groupe qui demeure performant. Tellement qu'il est dans le dernier carré. Et quand on ose affirmer que le rugby est carrément fou, voyez la prochaine opposition en demi finale: Pont Long/PUC. Oui oui, contre Paris et ses 11 millions d'habitants. L'avantage c'est qu'ici tout le monde sait l'existence de l'ASPL, alors que les Parisiens ignorent que des universitaires ont toujours leur équipe de rugby, les plus anciens se rappelant quand même des heures de gloire du Paris Université Club. Claude Sicre, que la Section Paloise a eu le bonheur de compter parmi ses bon joueurs, un arrière qui aimait s'intercaler, est arrivé du PUC en Béarn avec sa finesse d'esprit du temps de Paparemborde.
A ce stade des demi finales, c'est du défi dans ses grandes largeurs. Chacun avec ses atouts. Daniel Herréro, éternel poète du monde rugbystique a son conseil : "Reste toi même, car c'est dans l'authenticité que l'on puise ses forces"
Des forces nous en avons, ça tombe bien. Mais s'il est grisant de voir une telle affiche se profiler, l'éloignement du terrain neutre (Rochefort, 350 km environ) va encore freiner le nombre de soutiens béarnais. Et ça c'est un crève coeur. Nous étions une bonne centaine à Malemort avec des féminines du club en pointe pour l'ambiance drapeaux au vent. Mais l'adversaire en finale (soyons enthousiastes...et prudents) sera soit les Tarnais de Sort Agout, soit les Audois de Leucate. Et là c'est du garanti terroir du sud de la France à mi chemin.
ILS ONT DIT
* "On n'arrête pas de jouer parce que l'on devient vieux, on devient vieux parce qu'on arrête de jouer" (Geoges Bernard Shaw).
* " Serge Blanco, il suffit qu'il mange du saucisson pour que j'en veuille aussi au cas où ça donnerait du génie " (Philippe Saint André).

