RUGBY QUAND TU NOUS TIENS
Ajoutez les effets des intempéries à la trêve traditionnelle d'entre deux fêtes et voilà un mois d'écoulé sans aller au stade pour les supporters, sans "matcher" pour les joueurs. Certes, mais tout le monde a bien le droit de souffler et de se régénérer avec famille, amis et autres. Mais coupe-t-on vraiment entre gens de l'ovalie? Pas si sûr ! A bien y penser, un repas de fête c'est un match comme un autre: de l'engagement et de la tension, des temps forts et des temps faibles...et parfois un peu d'indiscipline. Puis il y a ce naturel qui revient sous la forme de "Rugby quand tu nous tiens". Peu importe qu'il n'y est ni ballon ni arbitre dans la salle à manger, le cerveau rugby reste branché. Entre deux plats, des répliques fusent, florilège à l'appui.
"Reste sur les appuis" quand ça tangue un peu en allant chercher une "quille" rouge ou rosée, "Oh, l'en-avant" quand quelqu'un fait tomber la salière, le verre du voisin ou le cadeau de mamie, "L'arbitre, il est où ? quand il faut trancher un litige sur les parts de bûche ou savoir qui ouvre les cadeaux, "Plaque bordel" quand il faut stopper les enfants ou le chien tournant autour de la table. Et le top du top: "Il joue pas le ballon!" lorsque papy attaque direct le dessert sans passer par l'entrée, ou "Mais c'est quoi cette défense ?" si personne ne protège le foie gras menacé de filer en 2 ou 3 minutes. Arrive le moment qui fâche: "Y en a un qui se sacrifie et qui va au charbon ?, façon de demander qui va se coltiner la vaisselle voire le rangement. Pas bien loin tout cela, preuve que le rugby dépasse largement les limites du terrain.
Mais le vrai terrain finit par revenir, quelques brins de pelouse en moins l'hiver bien installé. Les entrainement ont retrouvé leur rythme habituel, et la compétition avec. Une reprise qui nous a amené à Bordères sur l'Echez pacsé avec Oursbelille, et sans réelle surprise elle a été parfois laborieuse sans y trouver des signes d'affolement: qui est capable d'être a 100 pour cent de la fin de l'été à la sortie du printemps ? Bien plus cohérent est de gérer le milieu de l'hiver et d'aller crescendo. La fédérale B - le pari est facile a lancer et tenir- sera au rendez vous de la phase finale. Les quelques points oubliés en Bigorre expliquent le revers (13-5) contre une équipe de niveau identique au classement. Il suffit de retrouver les automatismes afin que l'ensemble gambade à nouveau.
Pour la Fédérale 2, l'antienne ne change pas: dans la presse bigourdane de samedi, l'OBRC espérait, de manière sportive et en terme mesurés, relever le défi et tomber cette ASPL invaincue pour créer l'exploit. Bien affuté par les locaux, le couperet est passé près. Tout près même avec ce partage des points (17-17): malmenés au premier temps, les nôtres continuent leur route. La force de Pont Long est de garder sa sérénité et d'appuyer à la moindre occasion: les deux essais bien construits arrondis des 7 points au pied illustrent ce constat. Un proverbe résume: "Les gagnants n'abandonnent jamais et ceux qui abandonnent ne gagnent jamais". Ce dimanche à Bordères, aucune équipe n'a renoncé à l'issue d'une confrontation musclée, toujours dans les bonnes limites.
ILS ONT DIT
* "On prend gout aux douleurs que le rugby provoque. Un match qui ne fait pas mal est un match raté" (Walter Spanghero).
* "Les mêlées c'est comme les orgasmes. Quand c'est simulé, ça ne vaut rien".

