PAS LOIN DE LA TOTALE
Alors que tout le monde au stade de Serres Castet retenait son souffle et qu'il restait un 1/4 d'heure à jouer, un sentiment de déception arrivait de Corrèze avec la défaite (33-25) de la Fédérale B en quart de finale face au Pays de Meaux. Fin de l'aventure pour ce groupe mais rien n'effacera tous les supers moments qu'il nous a offert toute la saison. A Egletons, devant au score à moins de 15 minutes de la fin, l'ASPL a fini par céder physiquement, pas épargnée par les coups de sifflets ni l'ambiance pour le moins hostile générée par les soutiens venus d'Ile de France. Clap de fin donc mais point de gros regrets à avoir avant, d'ici quelques semaines, de se préparer à de nouvelles aventures à l'échelon supérieur avec - et c'est super - le même encadrement.
Oui, notre club n'est pas passé loin de la totale au plan résultats. Car, pour la Fédérale A, qu'ajouter aux qualificatifs lus (et relus) dans la REP de ce lundi - "Pont Long au paradis", "L'exploit et la montée", "Match extraordinaire, exceptionnel, historique". N'en jetez plus dit l'expression ! Eh bien si car pourquoi se lasser de perspectives aussi radieuses afin d'ajouter trois autres pages au livre d'or des "vert et noirs". Cette accession en Fédérale 1 ? Les joueurs la voulaient non par largesse de l'instance nationale, mais acquise sur le terrain. Immense bravo à toute une organisation du plus discret des bénévoles derrière les présidents (Philippe Saux longtemps bâtisseur, maintenant Daniel Courade et Eric Pélerin), des entraineurs, des préparateurs et des joueurs. Une réussite qui prend racine à l'école de rugby et s'étale jusqu'aux seniors.
Une explication à ce fol après-midi Serrois ? Carrément de l'irrationnel diront certains ? A moins qu'elle soit le fruit d'une recette toute simple: "Dans le rugby comme dans la vie, on ne peut avancer qu'ensemble" (formule de la GMF partenaire historique de la FFR). Dimanche, avec le soutien des indisponibles du moment, c'est carrément un groupe de copains qui, jusqu'au bout de l'épuisement, a réussi l'impensable après un drop adverse qui passe à côté et des tirs au but finalement salvateurs. Un scénario qui fait suite au bonus avec des essais tous transformais.
En une semaine il fallait passer de dominé en Gironde à dominant à casa, en oubliant les moments cauchemardesques de l'aller (21 ponts et un bonus à combler, un gouffre!). De Mérignac, Pont Long était rentré vexé, martyrisé parfois, voire brisé, mais maintenant libéré (oui, oui, ça paraphrase le Général en aout 44!). Comme quoi, même dans le domaine de l'ovalie, une guerre n'est jamais perdue. On poursuit dans les références: "La rêverie est le clair de lune de la pensée" (Jules Renard), l'auteur expliquant que "rêver ce n'est pas fermer les yeux mais les ouvrir sur ce que nous cherchons à fuir ou n'osons pas avouer".
Alors oui, secrètement, nous avons rêvé avant ce match: "Et si pour une fois la pièce tombait du bon côté", "Et si et si ..." Car il restait quand même 80 mn (et plus en l'occurrence)...L'amitié entre tous, la communion qui a suivi sur le terrain et autour des lieux de rafraîchissements: ces images sont figées à jamais.
On vous le lance tel quel: "C'est difficile parfois d'aimer le rugby, mais putain c'est fou comme on l'aime". Masos jusqu'au bout ? Sans retenue aucune, que ça continue. Dimanche, si la scène rugbystique a ressemblé à une forme de dramaturgie, c'est que tous les acteurs sont à englober: les visiteurs girondins abattus mais dignes, et un trio arbitral garant du beau jeu et de l'équité.
Enfin, on n'oublie pas un copain de club qui vit lui aussi un parcours de haut vol: pilier de l'ASPL depuis les équipe jeunes, Baptiste Prudence, exilé dans les Landes pour de bonnes raisons professionnelles, est en finale de Fédérale 1 avec Peyrehorade. Mais comme lui aussi monte de catégorie, les retrouvailles sur le terrain sont différées. Bon allez, tout petit secret, les fêtes arrivent et la joyeuse bande va refaire route commune.
ILS ONT DIT
* "Huit joueurs forts et actifs, deux légers et rusés, quatre grands rapides et un dernier modèle de flegme et de sang froid: le rugby, c'est la proportion idéalce entre les hommes" (Jean Giraudoux).
* "La seule différence entre un pilier de rugby et un pilier de bar, c'est la forme du ballon". (Agnès Bilh, chanteuse).